
A Cotacachi, canton composé d’une trentaine de communautés kichwa au nord de l’Equateur, les fêtes (fiestas), sont les situations de prédilection au cours desquelles peuvent potentiellement surgir des actes d’agressivité et de violence. Cette qualité agressive est particulièrement attribuée à la célébration de l’Inti Raymi, également nommé « Fête du Soleil » (Fiesta del Sol), durant laquelle sont réalisés les rituels centraux des « Prises de la place » (Tomas de la plaza). Lors de ces dernières, les performances musicales et dansées correspondent à des modalités d’actions centrales pour comprendre l’efficacité de ces rituels, à savoir la construction de conflictualité et d’agressivité. L’Inti Raymi est célébré de façon simultanée dans deux espaces voisins : Cotacachi et Imantag. Si Imantag fait partie administrativement du canton de Cotacachi, les communautés kichwa de ces deux espaces se distinguent socialement en s’opposant discursivement dans la vie quotidienne et de façon particulièrement sensible lors de la célébration de l’Inti Raymi. Dans cette présentation, j’étudierai quelles dynamiques de distinctions politiques sont produites lors des performances musicales et dansées de l'Inti Raymi dans ces deux espaces. Que nous apprennent les actes de différenciation et les rapports de force sur les différentes appartenances collectives traversant les communautés kichwa de Cotacachi aujourd’hui ? C’est l’une des questions auxquelles je tenterai de répondre à partir de plusieurs enquêtes ethnographiques multisituées à Cotacachi et Imantag.
Crédit photo : Aliette Gousseau
Cette séance se tiendra en visioconférence. Pour obtenir le lien, écrire à Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Le séminaire du CREM (Centre de recherche en ethnomusicologie) a lieu un vendredi après-midi par mois. Chaque séance croise les travaux de plusieurs chercheurs et étudiants autour d'une thématique commune, liéa à l'anthropologie du son, de la musique ou de la danse. Les recherches en cours, les problèmes théoriques ou méthodologiques ainsi que les documents de terrain y sont privilégiés. La rencontre dure quatre heures (avec une pause !) et laisse une large place à la discussion.
La participation au séminaire est ouverte à tous. Les étudiant·e·s sont encouragé·e·s à y participer, en particulier à partir du Master.