
photo : Dahala, choeur du mulidi (Cl. : Ibrahim MCOLO)
Le mulidi de Mayotte est une pratique musicale se réclamant de la confrérie qâdiriyya. Très fréquent, il anime tout le cycle de la vie. Il célèbre les grands moments de réjouissances (furaha) ou de réussite, la réalisation d’un voeu (nadhara), le retour du pèlerinage à la Mecque (hadj). Le mariage (harusi) est nécessairement inauguré par un mulidi donné lors de la procession nuptiale (manzaraka), et parfois par le kandza issu de la confrérie rifâ’iyya. Enfin, le mulidi est aussi utilisé pour accompagner la dépouille mortelle des disciples et pour marquer la commémoration du décès (hawli).
Le mulidi allie spiritualité, chant (qasuida) et danse (mzinio). Le répertoire de textes en arabe est mis en musique avec des tambours sur cadre (tari) ou a capella (shâdî). Les formes de la chorégraphie (mbadzio) sont celles du mulidi classique, du mreda ou du zahay. Ces formes suscitent un plaisir (ladha) et parfois une transe (djadhiba) chez les initiés. Elles laissent rarement insensibles les spectateurs et les auditeurs.
Parmi d’autres pratiques culturelles immatérielles, le mulidi détient une place de choix dans le projet de musée patrimonial de Mayotte, qui vise à promouvoir l’identité multiple de l’île.
Voir aussi : 2010 Debaa. Chants soufis et danses des femmes de Mayotte, CD Ocora [livret : Abdoul-Karime Ben Said]
Le séminaire du CREM (Centre de recherche en ethnomusicologie) a lieu un vendredi après-midi par mois. Chaque séance croise les travaux de plusieurs chercheurs et étudiants autour d'une thématique commune, liéa à l'anthropologie du son, de la musique ou de la danse. Les recherches en cours, les problèmes théoriques ou méthodologiques ainsi que les documents de terrain y sont privilégiés. La rencontre dure quatre heures (avec une pause !) et laisse une large place à la discussion.
La participation au séminaire est ouverte à tous. Les étudiant·e·s sont encouragé·e·s à y participer, en particulier à partir du Master.